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Jan 15

Qu’est-ce que le fascisme ? – La conception positive de la Vie comme Lutte

Nous allons maintenant nous intéresser à un point clé du fascisme, « la conception positive de la Vie comme Lutte ».

Mussolini et Gentile justifient cette conception en la qualifiant de purement spiritualiste comme « une réaction générale du siècle présent contre le positivisme matérialiste et dégénéré du XIXème siècle ».
Ils expliquent que « le fascisme veut que l’homme (et l’état) soit actif et engagé dans l’action avec toutes ses énergies : virilement conscient des difficultés réelles et prêt à les braver ».
Cette doctrine conçoit la vie de tout Homme et par extension de l’état, comme une lutte.
Une lutte dans laquelle ils sont opposés aux forces de la nature et aux hérétiques non-fascistes (soumis par la force ou tués).
Une lutte offrant l’opportunité d’atteindre une certaine « dignité », un certain mérite.

Cette philosophie permet au fascisme de définir la notion de travail comme une valeur essentielle, car elle représente ce « par quoi l’homme triomphe de la nature et crée le monde humain ».

Par cette glorification des luttes, ce courant justifie sa brutalité et a pu charmer « les chemises noires » (la milice du partie fasciste). Principalement composée de militaires Italiens dégénérés, nostalgiques des tranchées et autres psychopathes fanatiques de la verticalité assoiffés de violence et incapables de débattre pacifiquement.

Dans les annexes liées au chapitre sur « la conception positive comme lutte » Mussolini et Gentile en profitent pour aborder deux autres sujets.

  • la politique démographique du fascisme :

Au risque de déplaire à certain, il n’est pas du tout question d’épuration raciale ou d’eugénisme.
Non surtout pas ! Le fascisme n’est fondamentalement pas eugéniste, il n’est pas raciste et encore moins anti-sémite ou anti-autre religion. La seule chose que le fascisme déteste ce sont les non-fascistes, les opposants politiques, particulièrement ceux qui souhaitent modifier l’ordre social.
En ce qui concerne la politique démographique il est question d’amour de son prochain, des futures générations.
Mais la encore le fascisme a sa propre vision de l’amour :
« L’amour du « prochain » ne supprime ni les sévérités éducatrices nécessaires ni, à plus forte raison, les distinctions et les distances. »
Ils expliquent ainsi la bienveillance du fascisme envers les autres peuples : « Le fasciste repousse les embrassades universelles et, tout en vivant dans la communauté des peuples civilisés, les regarde dans les yeux avec attention et défiance, les suit dans leurs états d’âme et dans l’évolution de leurs intérêts »

Difficile de ne pas penser ici à la gestion de notre propre pays dans lequel l’éducation et l’infantilisation de la population est justifiée par un État aimant, bienveillant et distant, le seul à savoir ce qui est bon pour nous.

  • Pour la glorification des luttes, mais contre la lutte des Classes (par extension contre le « socialisme ») et contre le matérialisme.

Oui, le fascisme est contre l’analyse qui donne une importance prédominante au « matérialisme historique, selon lequel l’histoire de la civilisation humaine ne s’expliquerait que par les luttes d’intérêts entre les différents groupes sociaux et par la transformation des moyens et instruments de production. »
Par la suite on peut comprendre qu’ils sont contre cette vision lorsqu’elle est généralisée mais ils admettent à minima son existence. (afin de ratisser large probablement)
En fait ils souhaitent surtout ajouter 2 éléments de la communication fasciste à l’analyse historique (l’invocation de l’Histoire est très importante pour le fascisme).

  • Le premier est l’image du héros, du sauveur, de la sainteté.
    Une image souvent utilisée par les oppresseurs de la démocratie et Mussolini, « Il Duce », ne faisait pas exception à cette règle et s’en est remarquablement servie.
    Tout comme Macron d’ailleurs, maître de l’anti-démocratie qui nous est vendu par la propagande médiatique comme le jeune dynamique sauveur de la France. 1
  • Rappeler que « le fascisme repousse l’idée du « bonheur » économique ».
    Estimant que « l’équation bien-être = bonheur » n’existe pas et « transformerait les hommes en animaux ne pensant qu’a une seule chose : être nourris et engraissés, c’est à dire réduit à une vie purement et simplement végétative ».

A noter que le fascisme a été adulé par les oligarques en son temps.2
Il représentait (et représente sûrement encore) le meilleur moyen de maintenir l’ordre social.
D’une part parce que sa communication était bien huilée (méritocratie notamment), que sa philosophie coïncidait avec des pensées et objectifs oligarchiques (corporatisme et production) mais aussi parce que la violence que le mouvement fasciste utilisait était jugée comme nécessaire afin de lutter contre toutes formes de subversion.
Car rappelons le, un des grands problèmes du début du XXème était la volonté de la classe majoritaire, mais non dominante, de modifier l’ordre social établi. Le communisme n’était d’ailleurs qu’une pensée parmi d’autres mais à la suite de la révolution d’octobre il symbolisa cet élan.
Ces envies révolutionnaires étaient le réel danger de l’oligarchie et l’inquiétait au plus haut point.
Très probable raison pour laquelle Mussolini, Hitler, Franco et Pétain (entre autres) ont eut l’occasion de nettoyer l’Europe et calmer les plèbes par une stratégie du choc taille XXL au profit d’un ordre social maintenu.
Il semble important aussi de rappeler que cet ordre social avait pris un coup dans l’aile en France grâce au CNR et à la coopération de De Gaule. Mais depuis les années 70 ces avancées sociales sont constamment attaquées et détruites petit à petit.

Ce qui est intéressant avec les considérations découlant du fascisme c’est qu’elles sont totalement subjectives et qu’elles utilisent des faits existants pour se donner du crédit. En même temps, un mensonge ne peut perdurer s’il n’est pas appuyé sur des bases réelles.
Ainsi il est vrai que beaucoup de choses dans le monde des Humains et de la Nature marchent par paires et oppositions :
Le ciel/la terre, le jour/la nuit, l’homme/la femme, la vie/la mort, acide/basique, proton/électron etc…
Mais les qualifier ou considérer comme des luttes résulterait d’une interprétation subjective.

Il est évident que l’Humain a une place particulière dans la nature, il est évident que par ses activités (dont le travail) il battit, organise, cultive et modifie son environnement.
Mais rien ne justifie qu’il DOIT lutter contre son environnement, la Nature. Bien au contraire, le bon sens et les faits démontrent qu’il devrait rechercher une symbiose ou une harmonie afin d’évoluer dans des conditions optimales et de ne pas s’autodétruire.
Prendre son temps, observer, chercher l’optimisation de la Vie et non la destruction de celle-ci pour enrichir une élite auto-proclamée.

Cette vision du travail et de Lutte contre la nature sont toujours d’actualité. Elles forment un grand nombre de points communs entre notre système actuel et le fascisme.
Aujourd’hui, nous avons une quantité incalculable d’entreprises et autres industriels qui défoncent la Nature et lutte de fait contre elle pour lui extirper des ressources ou les transformer. Ainsi ils en tirent des sources de profits non négligeables qui vont ensuite déterminer leur rang social et leur permettre d’atteindre une certaine dignité.
Les mérites obtenus leur donnent alors accès à des pouvoirs politiques supérieurs3 à ceux du commun des mortels.

Le tout-marché contemporain se rapproche aussi de cette vision. Car selon les tenanciers de l’orthodoxie économique dominante : afin que le « marché » fonctionne de manière optimale il faut une lutte positive entre chaque agent économique.
On appelle cela « la concurrence ».
Plus la concurrence est libre et sans entrave, moins il y a de règles interdisant ou limitant l’utilisation de telle ou telle technique de combat économique, plus le triptyque « offre/demande/prix » peut fonctionner de manière optimale.
Donc nous sommes dans un système économique croyant que plus la lutte est libre et forte (tout les coups doivent être permis), mieux c’est pour tout le monde.

Cette croyance est non seulement en lien avec la vision de « la lutte positive» du fascisme mais vous remarquerez qu’elle l’est aussi avec la vision démographique de celui-ci. Car nous, la plèbe, sommes considérés comme des prochains incapables de penser la chose économique et nos élites, étrangement proche de la philosophie fasciste, eux sont capables de le faire à notre place.
L’État et les élites nous aiment mais cet amour « ne supprime ni les sévérités éducatrices nécessaires ni, à plus forte raison, les distinctions et les distances ».
C’est pourquoi il nous éduque via ses journaux, ses chiens de gardes, qui doivent nous expliquer les choses et faire de la « pédagogie », car nous sommes définitivement trop stupides pour être capable d’avoir une opinion pertinente.
Plus récemment, notre président a décidé de partir en guerre contre les « Fake-news » encore une preuve de l’infantilisation et d’une distinctions de compétence entre les biens pensants, l’élite, ceux qui savent ce qui est vrai et faux en opposition avec la plèbe incompétente.4
Un nombre incalculable d’exemples pourraient démontrer les liens entre ce point précis de la philosophie fasciste et l’État. Nous sommes infantilisés 24/24 et l’État représente la figure ultra-paternaliste, la seule capable de décider correctement pour nous.
C’est très probablement pour cette raison que notre anti-démocratie s’est royalement assise sur le vote des français en 2005 nous faisant rejoindre ainsi une fédération totalitaire qui a pour organe principal une élite autoproclamée etc.

On pourrait aussi rapprocher cette glorification de la lutte aux divers cultes majoritairement relayés à travers le sport, notamment le football, cette opium du peuple ou encore à la philosophie de la propagande médicale voyant le malade comme quelqu’un qui doit se battre contre une maladie (au lieu de comprendre sa situation). Cette philosophie est aussi perceptible dans les principes de « la révolution verte », à l’origine de procédés agricoles détruisant nos sols. Méthodes agricoles qu’on pourrait opposer à la « permaculture » dont les principes sont d’optimiser sa culture en recherchant une symbiose avec la nature et bizarrement les rendements sont infiniment meilleurs… !
Cette passion pour la lutte couplée à celle de la recherche de l’inconfort rappelle aussi l’obsession qu’ont nos élites pour la sacro-sainte « croissance » tant recherchée par nos élites (et leur système monétaire instituant celle-ci).
« Faire de la croissance » signifie créer toujours plus de richesses chaque année, de se dépasser sans jamais regarder les conséquences de ses actes (pour ne pas ralentir), aller à fond dans sa connerie afin de produire plus, pour que les gens consomment plus, pour gaspiller encore plus d’énergie (ce qui a pour effet de faire monter le PIB, donc la croissance) etc.
« Travailler plus pour gagner plus ».
Cette hérésie est aussi proche de cette vision du travail donnée par le fascisme que j’ai cité plus haut : ce « par quoi l’homme triomphe de la nature et crée le monde humain ». Aujourd’hui, malgré le nombre d’alertes de la nature, nous continuons à foncer dans le mur et refusons d’admettre que la nature fait partie de nous et nous ne pouvons pas triompher d’elle. Car triompher d’elle signifierait notre arrêt de mort.

Il est aussi intéressant de constater que la vision « je m’enfoutiste » de nos oligarques se torchant royalement avec toutes les problématiques du 21ème siècle, les utilisant même pour leur image, leur propagande et le maintien de l’ordre social, coïncide parfaitement avec le slogan des chemises noires : Me ne frego ! = Je m’en fous !
Ils ne s’intéressent pas au respect de la Nature, aux conditions de vies des esclaves modernes, seul le maintien de leur position et confort compte.

1 :Comment les médias ont fabriqué le candidat Macron
L’intronisation d’Emmanuel Macron tourne à l’extase chez les commentateurs télé

2 : Un grand nombre de preuves disparates existent à ce sujet, en France nous avons eu un grand nombre d’élites pro-fascistes réunis dans l’Action Française et la Synarchie (Voir livre « Le choix de la défaite » et les travaux d’Annie la croix Riz)
Des gens comme Henri Danjou pouvaient dire haut et fort sans être inquiétés les choses suivante : « Je ne suis pas Hitlérien, mais nationaliste. Cependant Hitler est nécessaire à l’Allemagne comme Mussolini l’a été à l’Italie… » Magazine « Voilà » 1932
Du côté Italien, le parti fasciste a aussi été porté au pouvoir par les élites.
Car la marche sur Rome aurait pu être facilement arrêtée par le gouvernement, le ministre Giovanni Amendola avait rédigé un décret pour résister au coup d’Etat fasciste, mais c’est le roi Vittorio Emanuele III qui empêcha l’armée d’agir.
A noter aussi que le fascisme était devenu si populaire qu’un grand nombre de journaux en faisait la promotion, le Times est allé jusqu’à nommer Hitler « Homme de l’année » en 1938 (le nazisme est une forme de fascisme + une vision raciale).
Côté Grande-Bretagne, j’ai pu retrouvé dans le « Pall Mall Gazette » du 7 août 1922 (un peu avant la marche sur Rome mais en pleine ascension du fascisme) : « L’information la plus importante d’aujourd’hui est l’occupation du Palais St Georges par les forces d’urgence fascistes, engagées dans la restauration de l’ordre social que le gouvernement italien est incapable de maintenir par lui même. ».

3 : Voir influence des corporations/lobby et think tank

4 : De plus il semblerait que la France soit peuplée de 80% de complotistes, imaginez la gravité de la situation !

5 : la majorité des citations proviennent de « La doctrine fasciste » rédigé par Mussolini et Gentile.

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