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Sep 03

Qu’est-ce que le fascisme ? – La conception spiritualiste et religieuse

 

Comme brièvement expliqué précédemment, le fascisme est une doctrine qui par définition transcende un grand nombre de domaines.
Cette transcendance est rendue possible par une vision spiritualiste du monde. Du moins, c’est par cette vision que le fascisme tente de justifier un certain nombre d’autres concepts qui auraient du mal à passer sans les fioritures que permet la conception spiritualiste du fascisme.
Ceci permet l’optimisation de la manipulation de l’esprit puisqu’on est face à des concepts permettant le développement d’un grand nombre de paradoxes, instaurant la confusion dans l’esprit des « cibles ».

Ainsi dans cette doctrine on considère que :

  • « le monde n’est pas ce monde matériel qui apparaît à la surface ».
  • il doit exister une unité entre la patrie et les individus, et que dans cette unité il y a le partage des mêmes traditions et objectifs.
  • La nation et les individus doivent respecter la loi morale ayant pour but de « supprimer l’instinct de la vie ».
    Ce que Mussolini appelle «  l’instinct de la vie » est un concept qu’il développera d’ailleurs plus loin, partagé par un certain nombre de penseurs : la recherche du bonheur.

Dans le fascisme, le bonheur n’a pas lieu d’être et ne doit pas être une priorité, car « le fascisme est contre la vie commode ». C’est pourquoi il vise à la suppression de cet « instinct de la vie » notamment par le travail et la lutte.
Ainsi l’unité est soumise à la loi morale dictée par l’état et doit « instaurer dans le devoir une vie supérieure […] une vie où l’individu, par l’abnégation de lui-même, par le sacrifice de ses intérêts particuliers, par la mort même, réalise cette expérience ».

Vous l’aurez compris, le fascisme est bien plus qu’une simple philosophie. Il est pour ses créateurs une religion, car il « considère l’homme dans son rapport sublime avec une loi supérieure, avec une Volonté objective qui dépasse l’individu comme tel et l’élève à la dignité de membre conscient d’une société spirituelle ».
Cette « loi supérieure » n’est pas du tout la recherche d’un absolu « positif », d’une « recherche du bonheur » mais plutôt celle de la soumission par l’état des individus voués à lutter et à vivre dans l’inconfort pour une pseudo-grandeur.
Soit l’extrême inverse des pensées philosophiques comme celles de nombreux humanistes tel Rousseau ou Robespierre.
Robespierre définissait d’ailleurs les principes moraux en politique de cette manière :

« Quel est le but où nous tendons ? La jouissance paisible de la liberté et de l’égalité ; le règne de cette justice éternelle dont les lois ont été gavées, non sur le marbre et sur la pierre, mais dans les cœur de tous les hommes, même dans celui de l’esclave qui les oublie, et du tyran qui les nie.».

Extrait du discours 5 Février 1794 à la convention
sur les principes de morale politique

 

Il faut garder en tête que « la doctrine du fascisme » est aussi et surtout un outil de propagande. On peut voir que Mussollini, à l’instar de notre président, mélange ici différents « grands » concepts ou grandes idées et les inverses dans la pratique ou même plus loin dans le texte.
C’est le cas par exemple de cette notion de « spiritualisme » qui se voit contre-dite de fait, par le fonctionnement même du fascisme.

Puisque cette doctrine voit un objectif, une réalité, dans l’unité entre l’état et la nation, comment se fait-il qu’elle se revendique spiritualiste puisque l’état, garant de l’autorité suprême, est une notion matérialiste ?

Il en va de même pour des concepts traitant d’une certaine méritocratie par le travail et la lutte qui sont fortement ancrés dans le matérialisme.

Le spiritualisme est donc ici un moyen d’enfumer les consciences et de justifier l’injustifiable.
En somme, un adage propre à toutes tyrannies oligarchiques qui se respectent : Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

 

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