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Jan 09

Pensée d’un libéral – Thomas-Robert Malthus

« On a vu tout au long de cet ouvrage que, dans les vieux États, les mariages et les naissances dépendent surtout des morts, et que le plus puissant encouragement aux mariages précoces1 est une grande mortalité. Pour suivre ce raisonnement jusqu’au bout, il faudrait donc favoriser la mortalité naturelle, au lieu de tenter vainement et sottement de la freiner; et si le retour trop fréquent de la famine nous effraie, nous devrions avoir recours pour la prévenir à d’autres moyens de destruction. Loin de recommander aux pauvres la propreté, nous devrions favoriser des habitudes contraires. Dans les villes, nous devrions ménager des rues étroites, entasser les hommes dans les maisons, et tant faire qu’enfin la peste revienne nous rendre visite. A la campagne, nous devrions placer les habitations près des eaux croupies et dans des endroits malsains et marécageux. Nous devrions surtout refuser les remèdes spécifiques qu’on oppose aux maladies dévastatrices; et notre réprobation engloberait ces hommes bienveillants, mais catastrophiques, qui croient avoir rendu service à l’humanité en faisant des plans pour extirper certains maux!  »

1 : Le terme « mariage précoces » signifie ici procréation précoces, création d’une famille.

Essai sur le principe de population
Thomas-Robert Malthus

T-Robert Malthus est l’un des penseurs économistes importants de la fin 18ème début 19ème.
Il a vécu à une époque où l’industrialisation, couplée aux premières heures d’un marché dominant, ont permises l’expansion économique de la Grande Bretagne.
En somme, tout comme les premiers penseurs du capitalisme libéral de « l’école classique », il a vécu une période de transformation du monde occidental.
Durant celle-ci de grands chamboulements sociaux et des nouveaux moyens de productions créèrent autant de richesses que de pauvretés.
Cette transformation fût également marquée par une lutte des classes grandissantes, où la place pour le sommet de la pyramide sociale était disputée entre la classe aristocratique et la classe marchande.
Classe marchande, qui d’ailleurs gagna cette bataille, à l’instar de la révolution française.

Malthus, Pasteur protestant (un brin intégriste) et économiste, faisait naturellement partie des classes supérieurs.

Il étudia, comme il put, un monde complexe en observant le fonctionnement démographique et économique de la Grande Bretagne. Il en déduit qu’une grande partie des malheurs de son pays, ainsi que le paupérisme, étaient liés à la surpopulation, mettant ainsi de côté toutes l’analyse des liens sociaux, la question de la répartition des richesses, et bien d’autres choses.
Il partait d’un postulat, qui raisonne encore de nos jours aux oreilles de la classe dominante, dictant que la pauvreté est un fait naturelle.
Cette affirmation simpliste arrangeait à son époque beaucoup de monde et arrange encore aujourd’hui un grand nombre de personne.
Son raisonnement est donc truffé d’erreurs vue qu’il a cherché à confirmer une chose qui n’a aucun sens (pauvreté = nature) et n’est, objectivement, nullement applicable à notre situation.

La citation que vous venez de lire se trouve dans le chapitre 18, « Conséquence d’un système opposé au nôtre » de son « Essai sur la population ».
Il explique ici ce qu’il faudrait faire dans un monde où il n’y a pas d’obligations et de contraintes morales à la reproduction. Un monde qui, ironiquement, est proche de celui dans lequel nous vivons. C’est d’ailleurs peu être pour cette raison que certains points évoqués dans la citation sont appliqués de nos jours, (favoriser les mauvaises habitudes notamment) dans un contexte différent, évidemment.
Pour ce qui est du point de vue de Malthus, il considérait que la Grande Bretagne avait un pied dans un système de régulation de la procréation, principalement grâce aux classes supérieurs, éduquée par la religion et un pied dans la dérégulation de la reproduction. Cette dérégulation était la conséquence, selon lui, d’une classes inférieurs dénués de sens morale, souvent païenne, et qui se reproduisait à tout va sans avoir la capacité de penser à l’avenir.

Ceci étant dis, je tien à vous signaler qu’un certain nombre d’économistes, même libéraux, considèrent que son « principe de population » est erroné.
Mais dans la pratique et les comportements des classes dirigeantes, il apparait évident qu’il existe certains accord avec cette philosophie puisqu’elle permet de ne rien changer, de justifier l’égoïsme et pire encore de culpabiliser l’altruisme.

De nos jours certains groupes, soit disant bien pensants, conseillent le travail de Malthus afin de « comprendre les en-jeux de la surpopulation », alors même que cet auteur fait preuve d’une moralité plus que douteuse, d’un racisme de classe évident, d’une analyse spécifique de son époque et donc sans communes mesures avec la notre.

C’est le cas par exemple, de l’association « démographie responsable » qui relit de manière névrotique, ou psychotique, tout les problèmes du monde à la surpopulation. Prenant un malin plaisir à ne pas analyser les choses dans son ensemble. Utilisant l’anthropophobie de certaines personnes en les réconfortants par l’hypocrisie de sa communication pseudo-philanthropique.
Encore une fois, l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Tant qu’on est dans l’hypocrisie pseudo-philanthropique comme arme de propagande, je vous conseil aussi de lire le livret de Julian Huxley, frère d’Aldous Huxley, premier directeur de l’UNESCO et fondateur de la WWF, au sujet de la philosophie et des buts de l’UNESCO. Vous découvrirez ainsi la notion « d’inégalité biologique » visiblement chère aux oligarques.

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